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Article sur la Dépêche (2015)

Lien : http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/12/2122826-bebes-signeurs-ateliers-de-langue-des-signes.html 

Enfance

Cécile Bennet et Céline Biagui ont axé leur travail sur la parentalité pour créer les ateliers de bébés signeurs

Cécile Bennet et Céline Biagui ont axé leur travail sur la parentalité pour créer les ateliers de bébés signeurs 

Depuis près d'un an et demi, l'association Écoute le signe organise des ateliers de bébés signeurs. Dédiés aux parents (ou référents) et à leurs enfants, qu'ils soient malentendants ou non, ces ateliers permettent d'apprendre la langue des signes françaises avec une approche adaptée aux enfants.

«L'objectif est de pouvoir communiquer ses besoins avant de parler, et ainsi de réduire les frustrations et incompréhensions entre les adultes et les enfants» déclare Céline Biagui, l'une des deux fondatrices de l'association.

Pour que bébé communique plus vite

À l'origine, la rencontre au sein d'une formation de langue des signes de deux femmes aux parcours personnels pourtant distincts mais aux activités complémentaires : Cécile Bennet, éducatrice spécialisée, et Céline Biagui, psychologue clinicienne. C'est leur intérêt commun pour la langue des signes qui les a motivées à créer ces ateliers, mais également le constat que les bébés qui apprennent ce langage apprennent plus vite et plus facilement à parler et communiquer avec leur famille et leurs proches. «Cela ne retarde en rien l'acquisition du langage, bien au contraire, puisque le geste accompagne systématiquement la parole», ajoute Célien Biagui.

Organisés par cessions de six ateliers, les séances balaient chacune un thème axé sur la vie quotidienne de l'enfant comme par exemple la nourriture, les émotions ou la toilette, sous forme d'activités ludiques. Les ateliers sont limités à six ou sept personnes pour chaque cession et sont organisés dans le cabinet de Céline Biagui, 46 avenue de Toulouse à Cugnaux.

Renseignements : ecoutelesigne.e-monsite.com

La Dépêche du Midi

 

 

 

Article écrit par Dorine Besson,

étudiante à l'école de journalisme qui est venue participer à l'un de nos ateliers en Janvier 2016.

 

Dialoguer en signes avec bébé

L’association Ecoute le signe fête ses deux ans. Communiquer avec son enfant en alliant gestes et mots ? Rendez-vous pris au cœur d’un atelier « bébés signeurs », où des chansons et des jeux permettent d’apprendre à signer.

« C’est pas ça, t’as oublié les nuages ! » s’écrit Olivier, 5ans, à la fin de la chanson Gipsy l’araignée. Face aux enfants, Céline Biagui n’a pas le droit à l’erreur en chantant. Elle n’est pas animatrice ou nounou, mais psychologue. « Moi, je fais bouger ses pattes », continue le jeune garçon en mimant l’araignée qui s’agite. Sa chanson est un peu spéciale. En plus des paroles, elle est signée. Un mot, un signe. Tout est issu de la langue des signes française. Pas question d’oublier l’oral. Manger, doudou, fini, content… tous les mots sont répétés. Des termes simples qui rythment la vie quotidienne des enfants.

C’est ce que veut faire partager Céline Biagui avec son atelier de « bébés signeurs » : « les enfants ne sauront évidemment pas signer à la fin de la séance. Ce sont les parents qui apprennent. Pour après les répéter à la maison, avec les enfants ». Jeux, chansons, histoires, tout est bon pour apprendre.

Mieux comprendre et se faire comprendre

Ce samedi matin à Cugnaux, en banlieue de Toulouse, Céline reçoit dans son cabinet. Le bureau et le canapé sont poussés dans un coin, les poussettes sont garées dans le couloir, au centre de la pièce, un tapis avec des coussins et des jeux. La seule chose qui rappelle que l’on est dans un cabinet de psy, ce sont les livres de psychologie sur l’étagère.

Céline Biagui, psychologue clinicienne et Cécile Benet, éducatrice spécialisée, sont à l’origine de ces ateliers. Elles se sont rencontrées lors d’une formation à la langue des signes et voulaient toutes deux l’utiliser dans leur métier : « Pas si évident que ça, concède Céline. Alors on a fait une formation de ‘bébé signeurs’ ». S’ensuit la création de leur association Ecoute le signe. Les ateliers, découpés en plusieurs séances, s’adressent aux enfants de 7 mois à trois ans, voire plus, et leurs proches. « Cette langue est riche. Le comportement et les expressions sont aussi importants que les paroles pour s’exprimer, continue la psychologue. Apprendre à signer n’empêche pas l’apprentissage du langage oral. L’intérêt est que les enfants peuvent signer, faire des gestes, avant de parler. Pour mieux se faire comprendre ». C’est le cas pour Zoé, qui a des séances d’orthophonie. Sa maman confirme : « elle ne connait que quelques mots. Mais on la comprend mieux grâce aux gestes. Et c’est sympa, on passe un bon moment ».

Une chanson, des mots, des gestes

A peine arrivée, Lilou, 8 mois, bien calée sur le tapis, attrape un hochet pendant que sa maman s’installe sur le coussin d’à côté. Première chanson, Céline capte immédiatement l’attention avec sa voix calme et ses mains qui s’agitent. Les plus jeunes ne la quittent pas des yeux, grands ouverts. «J’ai un nom, un prénom, deux yeux, un nez, un menton. Dis-moi vite ton prénom, pour continuer la chanson » fredonne t-elle. Avec Colas mon p’tit frère ou Petit escargot, les mots et les signes se répètent. Les premières paroles sont timides.« Je me sens un peu seule », ajoute t-elle en souriant. Puis les gestes deviennent plus francs, les voix plus assurées. «Beaucoup de signes sont proches. Alors, l’expression du visage est très important » souligne la psychologue.

Parents, grands-parents, nounous, tout le monde est le bienvenu. Nathalie, assistante maternelle, vient pour sa première séance. Elle a déjà appris des signes mais « c’est comme tout, si on ne pratique pas, on oublie. Ça fait longtemps que je cherchais un atelier comme ça ». Pendant 45 minutes, les enfants sont restés sages, absorbés par les chansons ou leurs jeux. « Maintenant, à vous de jouer à la maison. Répéter tous les jours, c’est le mieux » conclue Céline. Ce n’est qu’au moment de partir que les premiers pleurs se font entendre. Olivier réagit de suite : « C’est parce qu’elle veut rester. Mais on se voit la prochaine fois ».

 

Dorine Besson.

 

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